Jaune

La feuille jaunissait
sous la paleur froide du Soleil
et la frayeur du frimas
l’a rendue toute fragile.

Moi,
quand je m’approche
je jaunis de peur.
Tu fais venir l’automne,

et en moi
tu fais ressortir mes couleurs mortes qui n’ont jamais vu l’été.
On vieillit enlissés une nuit
jusqu’a ce que nous sommes sans vie dans le lit.
L’hiver et sa sueur glacée
nous fait trembler d’éffroi. Tu fais venir encore une fois
les mois de janvier

à la tombée du jour. Moi, qui te veut pour une année.

Enbaumés par le parfum de notr’ amour boueux
qui n’a laissé
sur ce qui était propre
une trace de volupté.

Je t’embrasse,
tu t’effaces…

doucement

Là, la pluie du printemps
nous baigne dans l’odeur
des chaires
trempées
et
affamées,
car on est tous les deux étudiants
et on est déjà en retard au cours
d’une demi-heure. Qu’est-ce une demi-heure pour nous? Les assoiffés de temps.

Juste maintenant quand les beaux jours viennent triomphants,
parce qu’on  est chauds
comme deux morceaux de braise qui séjournent incendiés à l’intérieur des terres auquelles ils appartiennent.
Ils se tiennent par la main
et marchent sur d’autres routes que les autres.
sur ce chemin je t’ai trouvée.

Les feuilles jaunissent de nouveau,
le froid arrive,
et nous repartons en quête de chaleur.

Mais comme dans la nature, tout est possible,
on met les feux aux forêts
même si on habite la jungle urbaine.

Te déshabiller
encore
et te porter encore et encore et encore
je veux
la saison froide
pour avoir après printemps
été

automne
et du jaune encore.

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