je n’ai plus dormi depuis.

Elle est moche cette nuit, pour eux,

elle est laide.

Pourtant c’est sur ses ailes 

reposent les âmes des endormis 

d’avant trop tard.

C’est avec un retard vers le monde 

qu’ils attendent le jour de demain 

et c’est sur leurs deux mains que les larmes de joie glissent 

quand ils sont contents d’être en vie.

Et d’avoir encore l’envie de faire de merveilleuses choses 

pour qu’ils oublient leur nausée d’être montés si haut 

sur l’échelle de leur espoir.

Et c’est peut-être pour la dernière fois 

qu’ils rangent leurs valises dans 

les armoires de grimoires qui puent la décrépitude 

et dont les murs suent la transpiration 

des travaux que des générations ont commencé hier, 

lorsqu’il faisait hiver pour les troupeaux sauvages 

vachement animés par 

l’été dernier,

quand ils etaient les derniers à dire «tiens, il fait froid, maintenant.»

Gelés ils se sont réveillés soudainement 

en se demandant 

«qu’est-ce que je cherche ici…? »

Perdus dans le souvenir

des jeunesses folles, 

où les soucis ne donnent pas tort

à l’image de soi.

Alors que les écharpes de soie,

qu’on nous met sur le cou, 

pour être plus beaux que d’habitude se déchirent entre nos mains,

c’est la solitude qui envahit ce quotidien

ridicule

des parents

qui cet après-midi, sont en train de dormir pour se reveiller demain.

 

Peinture de Markus Akesson

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